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Crise des Rohingyas: «Il ne faut pas un deuxième Rwanda!»

L’organisation de défense des droits de l’enfant Save the Children exige qu’à l’occasion de la Conférence qui débute aujourd’hui à Bruxelles, les ministres des affaires étrangères de l’UE prennent des mesures conséquentes et courageuses pour mettre un terme à la crise des Rohinghyas. Il s’agit en effet du plus massif déplacement de populations depuis le génocide au Rwanda, en 1994.
Rohingya Baby in Cox's Bazar

11.12.2017

Ester Asin, directrice de l’agence de Save the Children International à Bruxelles et sa représentante auprès de l’UE, souligne: «La crise des réfugiés rohingyas constitue le plus massif déplacement de populations depuis le génocide au Rwanda en 1994 – et ils se déroule sous nos yeux. Il incombe aujourd’hui aux ministres de l’UE de redresser la situation et d’agir de manière positive, en recourant à toutes les possibilités existantes sur le plan diplomatique, mais aussi au moyen de sanctions.»

«De nombreux Rohingyas courent le danger d’être renvoyés au Myanmar sans garantie pour leur sécurité.  Des centaines de milliers d’innocents – ils n’ont commis aucun acte délictueux ou condamnable – ont tout perdu. Les chefs d’Etat et de gouvernements de l’UE ont désormais l’occasion unique de s’engager en faveur de ce peuple persécuté.»

«Le respect des droits de l’être humain et de l’Etat de droit ainsi que la liberté civile sont des principes fondamentaux de l’UE. En vertu de ces principes, nous demandons instamment à l’UE de remplir ses engagements et d’agir dès maintenant. Il ne faut pas un deuxième Rwanda!»

Save the Children exige donc que l’UE approuve le plan en six points suivant:
  1. Le Myanmar doit permettre un accès humanitaire immédiat et illimité à toutes les personnes nécessiteuses dans l’Etat du Rakhine.
     
  2. Le retour au Myanmar des Rohingyas ayant fui ne doit être soutenu que si la sécurité physique, matérielle et juridique des personnes rapatriées est au moins assurée. Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies doit être impliqué dans ce processus.
     
  3. Il faut élaborer un plan plus clair et plus détaillé sur la manière dont les Rohingyas déplacés au Myanmar et détenus depuis 2012 dans des camps fermés au centre de l’Etat du Rakhine vont être soutenus. Il doit être également possible pour eux de retourner dans la région où ils sont nés ou de déménager dans une autre contrée, d’avoir accès aux services publics et de pouvoir à nouveau reconstruire les bases de leur existence.
     
  4. Des interdictions de séjour et des sanctions financières doivent être prononcées sans délai à l’égard des commandants militaires et les cadres dirigeants qui ont ordonné des opérations criminelles. Par ailleurs, une interdiction d’investissements et de relations commerciales avec des entreprises militaires devrait être envisagée.  
  5. Les programmes militaires doivent être suspendus et la mise en œuvre d’un embargo global sur les armes de la part des Nations unies devrait être soutenue.
     
  6. La Commission d’enquête des Nations unies doit pouvoir remplir sa tâche au Myanmar. Toutes les options visant à rétablir la justice et la responsabilité publique, y compris par le biais des tribunaux internationaux, doivent être examinées.

En tant qu’organisation de défense des droits de l’enfant, Save the Children est particulièrement inquiète pour les plus de 378 000 enfants rohingyas qui ont été chassés de leurs logis avec leurs familles depuis le mois d’août. Un grand nombre d’entre eux ont été témoins d’actes de violence indescriptibles. Afin de pouvoir protéger ces enfants, Save the Children a ouvert plus de 40 espaces protégés à leur intention dans les camps et autour de Cox’s Bazar au Bangladesh.