Plus de 250 millions d'enfants sont mieux lotis aujourd'hui qu'il y a 20 ans

Mais un enfant sur quatre n'a toujours pas droit à une enfance sûre et en bonne santé, les enfants vivant dans des zones de conflit ou fuyant ces zones étant parmi les plus défavorisés.

28.05.2019

 D'après un nouveau rapport de Save the Children, au moins 280 millions d'enfants ont de meilleures chances de grandir en bonne santé, instruits et en sécurité qu'à tout autre moment au cours des vingt dernières années. Le rapport annuel, qui porte sur 176 pays, évalue l'accès des enfants aux soins de santé, à l'éducation, à la nutrition et à la protection contre les pratiques néfastes comme le travail des enfants et le mariage des enfants.
 
Le Rapport sur l'enfance dans le monde 2019 de Save the Children montre que le monde a fait des progrès remarquables en matière de protection de l'enfance, grâce à un leadership politique fort, aux investissements sociaux et au succès des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) des Nations Unies.
 
Au cours de l'année 2000, 970 millions d'enfants auraient été privés de leur enfance en raison de plusieurs « causes de privation de l'enfance » ; des événements décisifs comme le mariage des enfants, les grossesses précoces, l'exclusion de l'éducation, la maladie, la malnutrition et les décès violents. Aujourd'hui, ce chiffre est tombé à 690 millions, ce qui signifie qu'au moins 280 millions d'enfants se portent mieux aujourd'hui que ce qui aurait été le cas il y a vingt ans. La Chine et l'Inde sont à elles deux à l’origine de plus de la moitié du déclin mondial des retards de croissance.
 
Lancé avant la Journée internationale de l'enfant du 1er  juin, le Rapport sur l'enfance dans le monde de Save the Children comprend l'Indice de privation de l'enfance annuel, qui indique que la situation des enfants s'est améliorée dans 173 pays sur 176 depuis 2000. Il y a aujourd'hui :
 
  • 4,4 millions de décès d'enfants en moins par an
  • 49 millions d'enfants en moins souffrant d'un retard de croissance
  • 130 millions d'enfants scolarisés en plus
  • 94 millions en moins d'enfants contraints de travailler
  • 11 millions de filles forcées à se marier ou mariées jeunes en moins
  • 3 millions en moins de naissances chez les adolescentes chaque année
  • 12 000 homicides d'enfants en moins par an
 
Sur les huit « causes de privation de l'enfance » examinées dans le rapport, les déplacements dus aux conflits constituent le seul indicateur en hausse, avec 30,5 millions de personnes déplacées de force de plus qu'en 2000, soit une hausse de 80 %. 
 
Singapour arrive en tête du classement des pays qui protègent et pourvoient le mieux aux besoins de leurs enfants ; huit pays d'Europe occidentale et la Corée du Sud figurent également dans les dix premiers. Les progrès les plus spectaculaires ont été enregistrés dans certains des pays les plus pauvres du monde, la Sierra Leone ayant connu les plus fortes améliorations depuis 2000, suivie du Rwanda, de l'Éthiopie et du Niger. La République centrafricaine figure à la dernière place, le Niger (malgré des progrès récents) et le Tchad la précédant en bas du classement des pays où les enfants sont les plus menacés. 
 
Ömer Güven, Directeur de Save the Children Suisse, a déclaré :
 
« Il y a cent ans, après l'une des guerres les plus destructrices de l'histoire de l'humanité, Eglantyne Jebb, la fondatrice de Save the Children, a rédigé la Déclaration des droits de l'enfant à Genève. Aujourd'hui, les enfants sont en meilleure santé, plus riches et mieux éduqués que jamais.
 
Malgré des progrès remarquables, des millions d'enfants continuent d'être privés de leur enfance. Nous devons maintenant poursuivre nos efforts pour atteindre chaque enfant et veiller à ce qu'il reçoive l'enfance qu'il mérite.
 
Les gouvernements peuvent et doivent faire plus pour donner à chaque enfant le meilleur départ possible dans la vie. Il faut investir davantage et mieux cibler nos efforts si nous voulons que chaque enfant puisse jouir d'une enfance heureuse, en bonne santé et sans danger. »
 
Pour les pays qui ont fait le plus de progrès, notamment la Sierra Leone, le Rwanda, l'Éthiopie et le Niger, les résultats ont montré que les choix politiques peuvent compter davantage que la richesse nationale. En particulier :
 
  • Vingt-cinq ans après le génocide rwandais, le pays affiche des améliorations pour la plupart des « causes de privation de l'enfance ». La mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de 79 %.  Bien plus d'enfants sont scolarisés et bien moins d'enfants sont mariés avant l'âge de 18 ans. Le Rwanda a également divisé par deux ses taux de travail des enfants, de naissances chez les adolescentes et d'homicides d'enfants depuis 2000.
  • La Sierra Leone est parvenue à réduire de 99 % le nombre de personnes déplacées de force. En 2000, on comptait une personne déplacée sur cinq, contre une sur 700 aujourd'hui.
  • L'Éthiopie a enregistré une diminution de 41 % des naissances chez les adolescentes, de 33 % des retards de croissance, de 30 % des homicides d'enfants et a réduit de moitié les décès d'enfants, ainsi que le nombre d'enfants non scolarisés et d'enfants mariés.
  • En termes relatifs, le Niger a connu la plus forte amélioration de tous les pays de la liste. En effet, son score a plus que doublé en deux décennies et le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans a chuté de 62 %. Le Niger a encore des progrès à faire, mais les améliorations durables instaurées au fil des ans laissent entrevoir un avenir plus radieux pour bon nombre d'enfants nigériens.