L’inégalité sociale, une menace pour la lutte contre la mortalité infantile

Selon un nouveau rapport, de nombreux pays ne luttent contre la mortalité infantile que de manière ponctuelle – des catégories de revenus et des régions tout entières n’en bénéficient aucunement. Le Niger, où les progrès en la matière sont équitablement répartis et durables, donne le bon exemple.
Flash player is required to show this video. Please download Flashplayer here.

23.10.2013
La lutte globale contre la mortalité infantile pourrait n’être que partiellement efficace si, comme le montre l’organisation de défense des droits de l’enfant Save the Children dans son rapport «Vies en Péril» publié aujourd’hui, les couches les plus pauvres de la population ne bénéficient pas de cette amélioration en la matière. Le rapport analyse la situation dans 75 pays et présente leurs efforts concernant l’objectif du Millénaire pour le développement (OMD) relatif à la baisse de la mortalité infantile.

Ce rapport tient compte non seulement de la rapidité à laquelle les différents pays se développent, mais il examine également la question de savoir si l’amélioration est équitablement répartie entre les différentes classes sociales et si elle est durable.

Parmi les pays concernés, le Niger, l’un des pays les plus pauvres de la planète, est celui qui lutte globalement avec le plus d’efficacité contre la mortalité infantile, ainsi qu’en témoigne Save the Children. Le nombre des décès d’enfants de moins de cinq ans a diminué de presque 2/3 depuis 1990. Le pays est sur le point d’atteindre cet OMD.

Répartition équitable des progrès enregistrés

On notera, en particulier, que la mortalité infantile a pu être réduite dans toutes les catégories de revenus et dans toutes les régions du Niger. Les zones rurales enregistrent notamment de grands succès à cet égard.

Le rapport publié par Save the Children souligne toutefois que de nombreux autres pays risquent d’échouer précisément sur ce point.

Jérôme Strijbis, directeur de Save the Children Suisse, explique: «Des progrès historiques ont été accomplis en matière de mortalité infantile. Mais ce succès ne doit pas nous faire oublier que les enfants pauvres ne bénéficient pas de cette amélioration. Dans certains cas, leurs conditions de vie ont même empiré. Les gouvernements des pays concernés doivent garantir que tous les enfants aient les mêmes chances de survie. Les efforts politiques et les investissements consentis au Niger font de ce pays un modèle pour tous.»

A l’autre extrémité du spectre, on trouve des pays comme Haïti, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Guinée équatoriale. Ils ne présentent que de lentes améliorations, inégalement réparties, dans la lutte contre la mortalité infantile. Leurs investissements dans le secteur de la santé et l’alimentation sont faibles.

Dans certains pays, si l’on constate, de prime abord, une amélioration de la situation, en revanche l’inégalité continue d’augmenter. En Afrique sub-saharienne, où se produisent la moitié de tous les décès enregistrés dans le monde chez les enfants de moins de cinq ans, le fossé entre les riches et les pauvres s’est encore creusé entre 1998 et 2008.