L'histoire de Josephine

Joséphine* 15 ans, est en classe de 3ème au Lycée Moderne le Planteur Barry-Callebaut d’Akoupé et vit avec sa famille dans le village d’Aheoua. Ses matières préférées sont les mathématiques et la physique, bien qu’elle ne les trouve pas faciles.

Dans son lycée, Save the Children travaille pour améliorer la qualité de l’enseignement, en renforçant les capacités des professeurs, en introduisant l’agronomie dans le curriculum et en assurant la mise en place d’un réseau de protection de l’enfant . La composante ‘agricole’, qui vise à mieux adapter le curriculum aux débouchés potentiels dans la zone, a mené à l’installation d’une vraie ‘ferme d’école’ avec un potager et un poulailler.  Joséphine raconte « la récolte des tomates a été très réussie et ma classe est allée vendre les tomates au marché », apprenant ainsi les bases de l’entreprenariat qui leur sont inculquées.

Dans ses bras Joséphine tient sa fille Odette*, qui a 1 an. En Côte d’Ivoire les grossesses précoces sont une des causes majeures de l’abandon scolaire des filles. En effet sur 100 filles entrées au CP1, seulement 58 parviennent au CM2 et moins d’un tiers (30,5%) des filles inscrites en première année du secondaire vont jusqu’au bout du 1er cycle.

Avec l’aide de Save the Children, le réseau des comités de protection d’Akoupe sensibilise les filles et leurs parents sur les risques des grossesses précoces. Quand une fille tombe enceinte, le comité l’aide à obtenir un ‘certificat d’arrêt d’études’ auprès des services médicaux. Ce certificat permet aux filles de reprendre leurs études après l’accouchement, sans être pénalisées pour leur absence scolaire. Or, beaucoup de filles ne retournent pas à l’école, par manque de soutien, de moyens financiers ou simplement parce qu’elles sont stigmatisées.

Heureusement, Joséphine n’est pas parmi ces filles. Avec le soutien de sa mère et avec le certificat d’arrêt d’études en mains, elle a pu continuer sa classe de 3ème. Joséphine dit connaître des filles qui ne sont pas retournées à l’école parce qu’elles avaient honte. Elle subit parfois les critiques de ses camarades de classe mais Joséphine ne baisse pas la tête et leur réplique  simplement « je veux finir mes études pour donner un meilleur avenir à mon enfant ». Quant à son avenir personnel, elle rêve d’obtenir son bac, de poursuivre ses études, et de devenir une des premières femmes policières de son village !